Retour sur le cloud souverain français

En 2009, l’état français décide de contrer la toute puissance du cloud américain en investissant dans l’innovation numérique en France. Qu’en est-il six ans après ?

A l’origine

L’idée de base était d’encourager les offres françaises à se développer dans ce marché du Cloud Computing dominé par les services américains. Le projet s’appelait « Andromède ».

En pratique

Les professionnels du numérique souhaitaient que l’état encourage l’innovation logicielle. Pour l’état, il s’agissait plus de construire un grand centre d’hébergement. Les deux n’étaient pas incompatibles, puisque de l’hébergement pouvait servir à propulser des solutions en ligne « made in France ». Les poids lourd du numérique français, représentés par les deux plus importants opérateurs, ont flairé la subvention d’envergure. Ils ont donc encouragé l’état à investir dans leurs infrastructures.
Plutôt que de construire un centre d’hébergement de toute pièce, l’état a donc préféré investir dans deux projets concurrents… C’est ainsi que sont nés Cloudwatt, porté par Orange et Thales, et Numergy, porté par SFR et Bull.

Six ans après

Les retours sur le sujet sont unanimes : le projet est loin d’être d’une folle réussite.
Les calculs originels tablaient sur des chiffres d’affaires de centaines de millions d’euros en 2017 (900 millions consolidés). En 2014, Cloudwatt et Numergy réalisentdes chiffres d’affaire respectifs de 2 et 5 millions d’Euros… Il faut encore pondérer ces chiffres car pour Numergy, par exemple, 60% du chiffre provient de SFR !

Même si nous ne sommes pas encore en 2017, il est difficile d’imaginer une telle croissance.
Du coté du résultat, les pertes sont respectivement de 35 et 20 millions d’Euros ! (plus de détail dans l’article « Les résultats catastrophiques du cloud à la française » de BFM TV
Comme le résume avec brio Sandrine Cassini dans son article « Cloud souverain, un gâchis à la française » dans Les Echos : « Avec son cloud souverain, l'administration a en tout cas à nouveau prouvé que le prochain Google ne serait pas inventé à coup de réunions et de rapports sur un coin de table à Bercy. »

Conclusion

L’intention était louable… mais le résultat est catastrophique.
Cet argent public, qui provient de nos impôts, particuliers et entreprises, a finalement servi à financer des entreprises privées qui n’en avait pas besoin et à créer, pour nous acteur du numérique français, une concurrence déloyale.
Comme auraient dit Les Nuls avec beaucoup d'humour : « Pour nous, la France avance  » !

 

Article publié le 29/6/2015 - Mots clés de l'article : Article Fr

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